A propos d'Haïti
Sur la deuxième moitié du vingtième siècle, Haïti a traversé une succession de crises politiques et institutionnelles qui ont eu pour conséquence un appauvrissement du pays, aussi bien sur les plans économique, que social et environnemental. Au cours de ces années de conflits et de mauvaise gouvernance, l’Etat n’a pas été en mesure de fournir les services sociaux de base à une population déjà très vulnérable, ce qui a entrainé une perte de cohésion sociale et une émigration massive vers les pays voisins.
La récession économique du pays en 2001 qui a touché tous les secteurs, s’est traduite par une dégradation rapide des principaux indicateurs (croissance, ressources fiscales, déficit, inflation, chute de la gourde par rapport au dollar) et une forte paupérisation de la population : aujourd’hui, les deux tiers des quelques 9 millions d’habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 2 $ par jour). Avec un PIB par habitant estimé à 480 $, Haïti est le seul pays des Amériques à être classé dans le groupe des Pays les Moins Avancés (PMA). Selon le rapport mondial du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) de 2007, sur 177 Etats, Haïti occupe le 154è rang dans le monde en termes de développement humain.
En 2004, un coup d’arrêt a été porté à la dérive du pays. Un Gouvernement de transition s’est engagé avec l’appui des bailleurs de fonds dans un processus de reconstruction des institutions et de l’économie. L’intervention de la communauté internationale s’est traduite par la mise en place de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et l’organisation d’élections en 2006 qui ont vu l’arrivée au pouvoir d’un nouveau Président de la République René Garcia Préval, et la constitution d’un Parlement représentatif. Après deux années de stabilité, les émeutes de la faim qui ont embrasé le pays en avril 2008 ont entrainé la chute du gouvernement conduit par J-E Alexis et ouvert une période de vacance politique de cinq mois, qui a pris fin avec la nomination de Mme Duvivier Pierre-Louis au poste de Premier Ministre début septembre 2008.
La succession de cyclones en août et septembre 2008 ont dévasté une partie du pays, et notamment la ville de Gonaïves, déjà très affectée par le cyclone Jeanne en 2004.
Le séisme du 12 janvier 2010 qui a vu périr plus de 300 000 personnes et ravagé le pays, a détruit de nombreux projets de développement.
L’AFD et Haïti : Plus de trente ans de coopération
L'Agence Française de Développement a été autorisée à intervenir en République d'Haïti en 1976. Ses activités ont été interrompues en 1991 à la suite du coup d’Etat militaire, puis ont repris en 1995. En juillet 2002, suite au blocage dû à la question des impayés de l’Etat haïtien vis-à-vis de l’AFD, la décision a été prise suspendre l'activité de l’agence de Port-au-Prince. La période de transition initiée par le départ en exil du Président Aristide en 2004 et les élections organisées sous l’égide de la communauté internationale ont permis un retour à une relative stabilité et la réouverture complète de l’agence de Port-au-Prince en décembre 2006.
Aujourd’hui, l’AFD met en œuvre une dizaine de projets, dans des secteurs divers, et sous forme de subventions.
A la suite du séisme du 12 janvier, la France a décidé le renforcement de son aide à Haïti avec notamment l’annulation de la dette bilatérale - 56 M € - et 100 M € d’appuis additionnels alloués à la reconstruction en 2010 et 2011, parmi lesquels 40 M € sont dédiés au financement de dépenses budgétaires de l’Etat haïtien. D’ores et déjà, 5 M € ont été versés et 15 M € le seront d’ici à septembre 2010.
Par ailleurs et pour aider à faire face à la situation difficile des populations, l’AFD a octroyé en mai 2010 un financement de 6M € pour des projets urbains à Gonaïves et Cap-Haïtien. Par ailleurs, elle a envoyé plusieurs missions pour préparer des opérations de réhabilitation de l’Hôpital Universitaire d’Etat de Port-au-Prince et de reconstruction de quartiers précaires de la capitale. Les financements correspondant devraient être décidés à l’automne 2010.